| Quand on faisait la fête |
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Quand on faisait la fête, en Lorraine...
Les premiers lieux defestivités en Lorraine...
Quelques siècles plus tard, les Gallo-romains, habitants de la Lorraine de l’époque qui ne voulaient pas être en reste, voulurent imiter les peuples d’Italie. Pour réaliser leur projet, ils élevèrent leurs propres amphithéâtres à Metz ou à Grand (dans les Vosges). Ce n’est donc pas sans raison que l’Empereur Constantin, venu d’Italie et passant par la Lorraine, au cours des premières années du quatrième siècle, fut amené à présider ce type de festivités prisées à Rome. Mais nous n’en avons conservé aucun souvenir. Les plus anciennes représentations de fêtes dont nous avons conservé le témoignage en Lorraine, sont celles qui furent gravées, il y a quatre siècles, par Jacques Callot. Elles sont nombreuses. Citons cette scène de foire, à Gondreville, datée de 1620, où l’on distingue bien, entre autres, cet exceptionnel groupe de joueurs de pétanque, en pleine action. (1)
A la même époque, à la cour de Lorraine, dans les jardins du Palais ducal de Nancy, Callot représentait une scène identique en 1625. Pour justifier notre propos, c’est toujours à Nancy, et grâce à Jacques Callot, que sur la place de la Carrière, et pendant près d’un siècle, cet espace fut choisi pour donner chaque année aux habitants, un lieu de spectacles au cours desquels se produisaient moult bateleurs juchés sur leurs échasses ou sur des tréteaux, tandis qu’ailleurs des porteurs de masques se battaient joyeusement au milieu de la foule en liesse... Toutes ces festivités ne survécurent pas aux guerres du dix-septième siècle. Finalement, ce n’est que récemment, à partir de 1859, que ce site traditionnel des fêtes à Nancy fut déplacé pour se tenir, et se tient toujours, sur la place Carnot et sur les terrains adjacents ! Par ailleurs, depuis des siècles, à côté de ces fêtes civiles, les habitants organisaient annuellement dans chaque paroisse, à la date anniversaire du Saint local, la fête du village. A l’occasion de ces fêtes, les habitants des villages voisins invitaient ceux des autres cités et leurs familles, à de joyeuses retrouvailles et agapes qui se prolongeaient parfois pendant toute une semaine ! Si au fil du temps ces festivités se sont partout progressivement éteintes, une seule a perduré, celle de la Saint Nicolas qui a même pris une ampleur particulière. A Saint Nicolas de Port particulièrement, mais aussi dans toutes les villes un peu importantes de la région, cette fête s’est même progressivement substituée aux autres fêtes traditionnelles.
Pour les Nancéiens, une période s’est révélée avoir été tout à fait exceptionnelle, et eut un retentissement considérable. Elle fut organisée à l’occasion des fêtes données lors de “l’Exposition Internationale de la France de l’Est à Nancy” en 1909. C’était alors celle de la “Belle Epoque”. Une ville ne peut tout le temps être en fête. Ce fut pourtant le cas. La fête dura plus de six mois. Tout fut prétexte à faire la fête. La musique, le sport, la danse et les danses folkloriques, les attractions comme celles des foires traditionnelles, avec l’apport d’un “grand huit”... Mais cette période de fêtes fut surtout l’occasion de développer des relations commerciales avec les autres pays. Elle permit, entre autres, de découvrir les bienfaits que pouvaient apporter les nouvelles technologies, comme l’électricité..., ou l’importance que l’on commençait à prévoir pour le développement de l’aviation.(2) Il est certain que les manifestations à visées économiques, sociales ou culturelles - et même de politique internationale - furent favorisées (3) à l’occasion des rencontres organisées autour de cette fête. Mais les objectifs continuent à évoluer, et même ont changé. Maintenant, ce sont d’autres fêtes que l’on privilégie, celles des mères, voire des grands-mères... Ailleurs, ce sera celle des fleurs... Si on le souhaite, en effet, tout peut être occasion de fête ! Paul ROBAUX.
(1) La position, les gestes des joueurs sont parfaitement reconnaissables sur cette gravure. Ce qui justifie que la pratique de ce jeu était probablement habituelle aux Lorrains, et ne fut probablement pas inventée par les Marseillais, comme on a tendance à le croire habituellement ! (2) Un terrain d’aviation avait même été aménagé au lieu-dit du Placieux ! ou Marie Marvingt, une Nancéienne bien connue, donnait des cours de pilotage aux néophytes. (3) En particulier avec tous ses voisins : Belges, Anglais, Russes..., à l’exception des Allemands... et pour cause !
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Les premiers lieux de