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15 fév 2009 Bonne fête, Marie !
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Bonne fête, Marie !

gravureassomption_p12 Le 15 Août est encore de nos jours, chez nous, une fête très populaire. Jour de la fête nationale autrefois, avant la Révolution française, il est encore souvent l’occasion, à travers notre pays, de grands rassemblements, des pardons de Bretagne aux nombreux pèlerinages, que ce soit à Lourdes ou dans les nombreux sanctuaires dédiés à Marie. Pour l’Eglise qui a déclaré solennellement que Marie est maintenant vivante dans la gloire de Dieu, elle est tout à la fois un modèle et le guide du croyant. La première en chemin, comme le chante un cantique, cette fête de Marie est donc aussi en quelque sorte notre fête à tous !

De quoi s’agit-il ?

L’Assomption de la Vierge Marie est en effet une fête très ancienne. Déjà, on la fêtait à Jérusalem au 5éme siècle, en ce jour anniversaire de la dédicace d’une église dédiée à la Mère de Dieu. Très tôt en effet, les chrétiens ont partagé cette conviction très forte que la Vierge Marie, parce qu’elle a été associée de très près au mystère de son Fils, est entrée au terme de son existence terrestre dans la Gloire de Dieu et a été introduite, comme par avance, dans la Résurrection de Jésus.
En Orient, on connaît cette fête depuis les premiers siècles sous le beau nom de “Dormition de la Vierge” alors qu’en Occident, elle prend vite celui d’Assomption de Marie. Ce n’est seulement que le 1er novembre 1950, fête de Tous les Saints, (1) que le pape Pie XII proclame solennellement que “Marie l’immaculée de Dieu, ayant achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la Gloire céleste”.

La Pâque de Marie.

En ce jour du 15 août, nous fêtons donc, en quelque sorte, la Pâque de Marie. Désormais, Marie connaît et réalise ce qui est promis au terme de l’existence humaine, à chacun de nous. Pour reprendre cette belle image du mot assomption, elle “monte” vers Dieu, elle est accueillie en Dieu, avec tout ce qu’elle est. Au terme de sa vie, sa disparition de notre monde coïncide pour elle -d’une manière un peu privilégiée peut-on penser- avec sa naissance dans la Gloire de Dieu, naissance à la vie “ressuscitée” promise par le Christ que nous sommes tous appelés à partager un jour, désormais comme elle. Ainsi, avec l’assomption de Marie, l’Eglise contemple avec joie, comme une image très pure, ce qu’elle-même désire, ce qu’elle croit et espère pour chacun de nous. C’est pourquoi il convient d’affirmer que cette fête de Marie est une fête joyeuse puisque Marie, en son assomption, est désormais en Dieu, la Vivante.

Marie et nous.

Le Concile Vatican II, en des textes admirables, a présenté Marie à maintes reprises, tout à la fois comme le modèle des croyants et la figure de l’Eglise. Il faudrait relire ces textes qui nous permettent d’approfondir mieux encore le sens de cette fête traditionnelle et d’en appréhender toute la dimension ecclésiale. Comme le pape Jean Paul II l’a admirablement exprimé dans de très nombreuses interventions, Marie nous invite en effet, en cette fête de l’Assomption -au terme de son existence, véritable “point d’orgue” de toute sa vie- à renouveler en nous les attitudes qu’elle a su vivre et que nous pouvons apprendre d’elle. Modèle et guide pour le croyant, elle inspire à tous ceux qui cherchent à croire, les attitudes spirituelles que nous avons à vivre tout au long de notre vie chrétienne. C’est bien cela que nous pouvons lui demander quand nous l’invoquons en la priant. De ce chapelet interminable de noms par lesquels on invoque et prie Notre Dame, noms de lieux ou d’édifices religieux, retenons ces trois vocables :

Notre Dame de la foi, Marie la croyante

La foi en Dieu a habité toute la vie de Marie. Et d’abord à l’Annonciation où avec son “fiat”, elle fait confiance aux paroles du Messager de Dieu. Et c’est encore la confiance en Dieu qui l’anime quand, sans toujours bien comprendre les desseins de Dieu, inquiète, elle retrouve enfin l’enfant Jésus au milieu des docteurs de la Loi au temple de Jérusalem ; c’est la confiance encore quand elle invite les serviteurs du repas de Cana, à “faire tout ce que Jésus dira” en remplissant les jarres d’eau bientôt changée en vin ; c’est encore la confiance quand elle reçoit le corps crucifié de Jésus au pied de la croix. Marie la croyante a réitéré son oui à Dieu à chaque instant de sa vie. Et elle nous invite à accueillir pareillement le don de Dieu qui nous est fait pour y communier dans une totale confiance.

Notre Dame du don, Marie l’aimante

Ce qu’elle reçoit de Dieu, Marie ne le garde pas jalousement pour elle. Elle le reçoit mais c’est pour le donner! Elle donne son Fils, déjà à Noël et ce sont les plus démunis, des bergers puis des mages qui seront là pour le recevoir et le reconnaître. Elle donne son Fils aussi à la Croix et c’est le disciple bien aimé qui l’accueillera chez lui ainsi que quelques disciples. Marie donne, elle se donne toute entière à Dieu parce qu’elle aime et c’est ce que nous chuchote l’anagramme de son nom : avec les lettres de son prénom, nous pouvons écrire aussi le mot “aimer”. Elle nous invite durant notre vie, à cheminer sur le chemin du don de soi par amour, qui est service fraternel et amour des autres.

Notre Dame de la disponibilité, Marie la servante

Dès que Marie entend la parole de l’Ange, à l’Annonciation, qui lui confie la mission d’être la Mère du Sauveur, Marie ne reste pas passive ; bien au contraire, elle se lève et part visiter sa cousine Elisabeth pour se mettre à son service, précise l’Evangile de l’Assomption. L’Evangile dit peu de chose de Marie ! mais elle proclame avec son Magnificat que l’on ne peut servir Dieu qu’en se mettant au service des autres ; elle accomplit avec une grande discrétion, la parole du Seigneur : Qui est ma mère et qui sont mes frères demande Jésus ?
Ce sont tous ceux qui écoutent et mettent en pratique dans leur vie, la Parole de Dieu ! Elle nous invite aujourd’hui à renouveler ce sens du service qui est signe de la présence de Dieu dans notre vie de chaque jour.

Marie, la croyante, l’aimante, la servante !

Ces trois invocations peuvent donc nous aider à entrer dans ce mouvement de l’Assomption, de la Résurrection de Marie.
Avec l’Eglise en fête, vénérons Marie et proclamons-la bienheureuse puisque Dieu a fait en elle des merveilles pour nous. Imitons Marie en nous ouvrant comme elle, au don de Dieu qui fait aussi en nous, des merveilles. Prions Marie, confions-nous à son amour maternel. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pécheurs, aujourd’hui et le jour de notre assomption.

Emmanuel Leroux


(1) - Depuis le Concile, on honore et fête désormais les saints au jour de leur mort, c’est-à-dire justement de leur “naissance“ en Dieu. C’est pourquoi certaines fêtes ont été bouleversées dans le calendrier chrétien.