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15 fév 2009 Jésus Ressuscité est avec nous !
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Pâques :
Jésus Ressuscité est avec nous !
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Caravage / Le souper d’Emmaüs

Mais qui sont donc ces deux disciples qui cheminent vers Emmaüs ?
On ne le sait pas mais peu importe, leur expérience de foi peut devenir, encore aujourd’hui, la nôtre, tant tout ce que nous raconte l’Evangile de Luc est aussi notre itinéraire et notre histoire…
Sur toutes nos routes humaines.

Pour les deux disciples qui rentraient ce jour-là, à Emmaüs, leur petit village situé à une vingtaine de kilomètres de Jérusalem, il semble bien que les choses étaient bien finies! Dés les premières lignes de son évangile où Luc nous rapporte l’événement, la preuve nous en est donnée : ils discutaient entre eux - on aurait envie de traduire : ils se disputaient entre eux! - au sujet de Jésus qui venait d’être crucifié et mis dans un tombeau, non loin du Golgotha. Une discussion vive et interminable, ressassant tout ce qu’ils avaient sur le cœur, ce qui avait fait leur vie avec lui durant trois ans, se redisant encore - mais était-ce bien la peine ? - cet espoir partagé avec tant de gens, aujourd’hui déçu et amer maintenant qu’il est bel et bien mort, pendu au gibet d’une croix. Serait-il donc à nouveau vivant comme le prétendent quelques femmes ou reste-t-il encore prisonnier de la mort ? Leur discussion était encore trop forte et intense, les empêchant de remarquer cet étranger qui les a rejoint, et qui, tout en marchant avec eux, se mêle à leur discussion… Ce débat de la foi confrontée à l’adversité et à la peur n’est pas dépourvu d’actualité. Notre monde n’est-il pas rempli de “ces discussions” interminables entre les hommes exprimant toute la détresse humaine devant tant de violences et devant la mort, tous les espoirs déçus devant les difficultés de vivre ensemble. Nous sommes aussi “sans intelligence et lent à croire !”. Et pourtant, cela n’empêche pas Jésus de nous rejoindre sur nos “mauvaises pentes”, comme autrefois les deux disciples, pour faire route avec nous.

Le partage, signe de sa présence.

C’est quand les deux disciples ont partagé le pain, à l’auberge où ils l’avaient prié de venir avec eux -parce que le soir baissait- qu’ils l’ont reconnu. Mais, il avait disparu alors à leurs regards ! C’est à ce moment-là, pourtant qu ils comprirent que Dieu les avait rejoint, que Jésus était avec eux sur la route dans leurs déceptions et leur échecs, qu’ils étaient donc déjà engagés avec lui dans une vie ressuscitée. Tant qu’ils cheminaient avec lui, il restait pour eux, un étranger : leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître, sans doute parce qu’ils refusaient encore de croire en eux qu’il soit vivant à nouveau. Peut-être aussi parce que le nouveau mode de présence de Jésus au monde était inaccessible à leurs sens humains. Ressuscité, Jésus en effet ne nous rejoint désormais qu’à travers les autres hommes. Et il faut que les disciples vivent ce geste du partage pour que celui-ci devienne tout à coup pour eux un signe de cette présence invisible : notre cœur n’est-il pas tout brûlant quand il nous parlait sur la route…

Toujours avec nous.

Sans tarder, les deux disciples reviennent à Jérusalem pour témoigner de ce qu’ils ont vécu. Ils retrouvent Pierre et les apôtres pour leur raconter leur expérience. L’évangile de Luc nous incite à voir en quelque sorte, dans ce retour précipité, l’Eglise en train de naître : elle est la communauté rassemblée au nom du Christ, la communauté réunie autour des Apôtres qui authentifient la foi en la résurrection : “C’est bien vrai, le Seigneur est ressuscité !” Ainsi, le chemin d’Emmaüs peut devenir désormais le nôtre : Si l’intelligence des Ecritures conduit au partage, c’est celui-ci qui fonde la communauté chrétienne où nous sommes appelés à nous retrouver ensemble dans une même foi. Et le repas de l’Eucharistie qui nous rassemble est bien au sommet, ce Corps du Christ qu’est l’Eglise. Cependant, cela ne doit pas nous faire oublier l’un des traits importants que nous donne ce récit : le “avec” qui jalonne tout le texte. Chrétiens, nous ne sommes jamais sans le Christ et cette conviction doit nous aider à passer du “croire des choses” à la foi en cette présence qui désormais nous habite.

Emmanuel Leroux