15 fév 2009 Au fil de nos rues,
 |  Catégorie : Histoire

Au fil de nos rues,

la figure de quelques éducateurs…

Les premiers enseignements donnés aux filles et aux garçons des campagnes en Lorraine ne sont pas récents. En effet, leur existence est attestée depuis au moins quatre siècles. Certes à l’origine ceux-ci n’étaient pas égalitaires entre eux. On admet que tout au long de la deuxième moitié du dix-huitième siècle, la plupart des enfants lorrains étaient capables de signer les actes essentiels de la vie courante. Presque tous pouvaient lire, écrire, et compter.

Alix Le Clerc (1576-1622),
une femme exceptionnelle.

ruealixleclerc L’instruction était rare au seizième siècle, en particulier pour les filles. A l’origine, c’est à l’initiative d’une jeune fille de noble famille, Alix Le Clerc, qui prenant conscience des besoins des filles dans ce domaine, fonda en 1598, le premier établissement scolaire de filles “pour y pratiquer tout le bien qu’on pourrait”. Il sera à l’origine des premiers cours d’instruction “primaire” établis en Lorraine pour les filles. On n’était pas en retard en Lorraine (1). Dans une première étape, Pierre Fourier, le curé de Mattaincourt, lui donna d’abord le conseil de prendre avec elle quelques compagnes pour s’occuper des pauvres gens de la région. Cependant, Alix Le Clerc ne souhaitait pas en rester là, estimant que c’était l’enseignement qu’il fallait promouvoir. Malgré l’opposition de son entourage, de 1604 à 1621, Alix Le Clerc ouvrit huit écoles en Lorraine (2). A la veille de la Révolution, son oeuvre était animée par 4000 religieuses, oeuvrant dans 84 monastères (3). Le succès et l’enthousiasme qu’elle provoqua furent exceptionnels et durables (4).

Joseph Piroux (1800-1884),
une grande figure fondatrice de la bienfaisance à Nancy et en Lorraine.

ruepiroux Celle-ci se manifesta, dès 1827, en direction des sourds-muets, en créant une école à leur intention. Immédiatement cette institution fut très bien accueillie à Nancy. En effet écrivait Piroux : “Si l’on procure aux sourds-muets le bienfait de l’instruction, on leur rend tous les avantages de la vie sociale, on leur ouvre les trésors des sciences, on leur fait connaître leur nature et leur destination…”. Son succès fut tel que le Roi Louis-Philippe en visite à Nancy vint lui apporter ses félicitations (5). Par la suite, cette école sera suivie de quelques autres. Initialement établi au centre de la ville, cet institut fut transféré sur une partie de l’ancien domaine de La Malgrange. Dès l’origine, l’institution accueillait tous les jeunes handicapés des quatre départements lorrains. Ils pouvaient choisir pour leur avenir entre les métiers de menuisier, de tailleur, de vannier, ou même éventuellement de dessinateur. Ces choix étaient plutôt limités. Mais depuis, les élèves peuvent prétendre à exercer la quasi totalité des métiers proposés par les enseignants.

Nicolas Gridel (1801-1885),
fondateur de l’Institut des Jeunes Aveugles à Nancy.

rueabbegridel A la même période et à l’image de Joseph Piroux, Nicolas Gridel, prêtre du diocèse de Nancy, poursuivait un projet identique. Il fonda en 1852, à l’intention des non-voyants, l’Institution des “jeunes aveugles”, créant à leur intention une école spécialisée. Cependant tous ceux qui étaient susceptibles d’entrer dans cet établissement étaient loin d’être capables d’entreprendre une carrière centrée sur l’apprentissage de la musique. Les moins doués devaient se contenter de travaux manuels… tels que la fabrication de brosses, les travaux de vannerie, la fabrication de sièges, ou leur rempaillage… Ces métiers ont disparu au cours de ces dernières années. En fait récemment, depuis quelques années (1980), grâce à une meilleure intégration dans le système scolaire traditionnel, d’autres carrières leurs sont ouvertes, infirmiers, kinésithérapeutes…, ou dans les métiers de l’informatique. Rappelons qu’à l’origine l’apprentissage de la musique ou du chant semblait être évident pour tout le monde. Les débouchés étaient nombreux : animer les chorales locales, ou organiser des récitals d’orgue, dans les chapelles et les nombreuses églises de la région. A l’heure actuelle, ces métiers sont devenus plus difficiles à proposer…, même si certains artistes éminemment doués ont toujours des parcours brillants.

Paul Robaux.

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