| Remarquons, pour commencer, que la découverte, récente en Europe, des mouvements artistiques des périodes antérieures de près de trois mille ans à notre ère, nous a fait percevoir que les plus anciens mouvements migratoires en direction de l’espace lorrain ont eu une origine celtique (1).
Des migrants bien acceptés en Lorraine.
Il y a un peu plus de deux mille ans, nous avons une meilleure appréciation de l’arrivée et de l’établissement, dans nos régions des Romains venus d’Italie. Pour l’essentiel, leur venue en Lorraine, semble avoir été pacifique. Leur adaptation fut massive. Leur présence devait se prolonger pendant près de quatre siècles. C’est autour de ceux-ci, que par la suite, se sont structurées toutes les migrations, avec pour conséquence, la création d’un certain nombre d’espaces nouveaux qui sont à l’origine du développement de villes, dont les plus importantes furent Toul, Verdun, et Metz.
Le rôle négatif des guerres.
Cependant avec le temps, les conflits ne tardèrent pas à surgir. Les conquêtes des uns et des autres autour du Rhin s’éternisèrent pendant près de 15 siècles entre le Royaume de France et l’Empire. Il y eut quand même une exception. Pendant une cinquantaine d’années, sous les règnes des ducs Antoine, puis Charles III, la Lorraine ne fut pas concernée. La Lorraine restait une région pacifiée, et accueillante aux étrangers. Pour la Lorraine, ce fut un âge d’or qui ne pouvait pas durer. Cette région finit par être concernée, avec pour conséquence (2) des déplacements considérables de populations, liées aux politiques agressives des états de la région entre eux.
Un temps de paix pour construire un avenir.
Après cette longue période troublée, ce n’est seulement qu’au début du XIXème siècle, que les mouvements migratoires reprendrons la direction de la Lorraine. Les raisons en sont doubles : démographiques et industrielles. En effet, dans l’espace lorrain, dès la fin de la première moitié du XIXème siècle, l’augmentation de la natalité, était devenu tel, que la terre ne pouvait plus nourrir ses paysans. Pour pallier à ces difficultés, d’autres besoins commençaient à se faire sentir. Ils furent avant tout liés, au développement des industries naissantes. Il fut d’abord nécessaire de développer des moyens de communications fluviaux et ferroviaires. On notera que ceux-ci, furent les premiers à se développer dans la région Lorraine, avant même de l’être au plan national. Initialement, la plupart des emplois créés dans ce domaine, furent d’abord tenus par des “paysans-migrants” lorrains, locaux, embauchés sur ces chantiers. Par la suite, cet apport de main d’oeuvre se révélera insuffisant, et ce d’autant plus, que les industriels de la région mettaient en place leurs programmes de développement industriel, commercial et économique. |
Pendant un siècle, un besoin de main d’oeuvre.
Ces besoins allaient devenir tels, que les industriels lorrains furent contraints de chercher de la main d’oeuvre, dans toute l’Europe d’abord, puis plus tard, en provenance de l’Afrique du Nord. La Lorraine devint en quelques années, et pour un siècle, une terre d’immigration (3). A partir de 1870, toute l’Europe fut au rendez-vous pour peupler les grands bassins sidérurgiques de la région. Cette immigration, encouragée par les relais industriels, fut au départ, souvent voulue, voir même acceptée, soit pour des raisons économiques, sociales, et même politiques (4). Ces vagues d’immigrations devaient s’arrêter autour des années 1982. Tout le travail de ces migrants, au départ assuré par les hommes, fut par la suite aussi celui des femmes, de familles entières regroupées. Il permit à tous de contribuer à faire valoir pendant un siècle, toutes les richesses de la région. Si l’on prend en compte le temps long, décrit par les géographes, on est en droit de penser que “l’intégration des migrants” a été en lorraine, une “réussite”.
Paul Robaux
(1). En témoignent, les “tombes à char”, découvertes au pied de la colline de Sion, à Diarville par exemple.
(2) En effet, la Lorraine à cette époque devait perdre les 9/10ème de sa population.
(3) Citons dans l’ordre, les migrants venus par vagues successives de l’Italie du Nord, de la Pologne, d’Espagne, du Portugal, enfin en provenance d’Afrique du Nord.
(4) Ce le fut parfois le cas, en son temps, pour les ressortissants d’un certain nombre des pays que nous citions
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